Grand Prix de France 2025, jour 2 : place aux années 90 pour la rhythm dance, remportée par Lilah Fear et Lewis Gibson

Thème imposé par la fédération internationale cette année pour la ryhthm dance : les musiques des années 90. De quoi dépoussiérer encore un peu plus l’image de la danse sur glace, qui a tout de même réussi ces dernières années à faire oublier les séances de danses imposées qui, si elles apportaient un niveau technique certain aux patineurs, n’étaient pas des plus télégéniques.

Lilah Fear et Lewis Gibson ont pioché du côté des Spice Girls : ils brillent de mille feux, Lilah se parant de l’Union Jack, avec des couettes macarons complètement dans le thème. Ils sont à leur habitude très rapides et engagés dans leur programme, bien chorégraphié. Malgré tout, il me semble qu’ils peinent à se renouveler, et j’ai trouvé le programme un peu long, la séquence de pas chorégraphique en fin de programme n’apporte pas grand-chose (mais cela me semble vrai dans beaucoup de programmes). Ils ont la faveur des juges avec de très bonnes notes, pour un total de 84.38 points, sachant qu’ils peuvent encore améliorer la séquence de pas partielle, de niveau 2.

Lilah :C’est notre premier Grand Prix en France, ça s’est bien passé, on est très contents ! Cet été on a beaucoup travaillé l’aspect technique, qu’on a cherché à combiner avec notre côté performance, qui est notre force. Ca marche plutôt bien, c’est très gratifiant. Pour la suite de la saison on espère garder nos costumes de la RD, j’aime bien l’idée du drapeau. Pour le libre c’est un peu moins sûr, on nous demande des kilts [ils patinent sur des musiques écossaises].’

Les Lituaniens Allison Reed et Saulius Ambrulevicius ont eux choisi la musique très entraînante de ‘I’m too sexy’ de Right Said Fred. Le pari est gagné, c’est rythmé, dansant, ils jouent sur le second degré des paroles, une belle réussite. Ils ont gros à prouver cette année après leur échec des derniers mondiaux où ils n’avaient pas réussi à se qualifier pour le libre. Les résultats de ces championnats étant décisifs pour la qualification olympique, ils ont dû aller chercher leur billet pour Milan lors de la toute dernière compétition qui attribuait les ultimes quotas. Ils sont pour l’instant 2èmes avec 80.98 points, récompensant de bons niveaux et de bonnes notes d’exécution.

Allison :
Notre saison est déjà assez avancée, on a dû être prêts très tôt pour aller en Chine nous qualifier pour les JO. C’est chose faite, c’est un poids en moins sur nos épaules ! On peut patiner plus libérés, on est plus en confiance sur nos programmes. Le bon côté des choses, c’est qu’on n’a jamais été aussi prêts physiquement à ce moment de la saison. On est très contents de notre programme aujourd’hui. Il y aura peut-être quelques ajustements sur nos costumes, mais la chemise de Saulius sur la RD attire toute l’attention, on va la garder comme ça.’

Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron n’ont eu que quelques mois pour reprendre leur rhythm dance. Ils avaient présenté une première version sur des musiques de Depeche Mode en août aux Masters, mais un juge américain avait fait remarquer que ‘Personal Jesus’ était sorti en 1989, soit en dehors des recommandations de l’ISU. Guillaume avait expliqué ensuite que le single était bien sorti en 1989, mais que l’album sur lequel on trouvait une autre version de la chanson était sorti en 1990. On était donc dans une zone grise, mais le risque était d’encourir une déduction de deux points, ce qui est énorme quand les meilleurs se départagent parfois à quelques dixièmes près.
Laurence et Guillaume ont donc retravaillé leur danse, toujours basée sur le vogueing, en se rapprochant encore plus du thème original, puisqu’ils ont puisé dans des versions remixées de ‘Vogue’ et de ‘Rescue me’ de Madonna. Laurence arbore pour l’occasion un costume-bustier rose clair complètement inspiré de la création de Jean-Paul Gaultier.
La composition musicale est je trouve réussie, les mouvements tombent pile sur les accents forts. Il manque peut-être encore un peu de vitesse, mais c’est leur première sortie internationale et la tout première fois qu’ils présentent cette nouvelle danse. Dommage, dommage, sur la séquence de pas chorégraphique en toute fin de programme Guillaume pose le genou à terre, ce qui compte comme une chute et implique des notes d’exécution négatives à -2 / -3 (sauf du deuxième juge, qui a dû tourner la tête à ce moment-là). Ils sont pour l’instant 3èmes avec 78 points.

Laurence :
‘‘On est très contents de notre programme, on a pu remonter une nouvelle danse assez rapidement. On ne peut pas vraiment dire quel pourcentage de Depeche Mode il reste dans notre nouvelle RD sur Vogue : il y a la même atmosphère, mais l’énergie est très différente, c’est vraiment une nouvelle danse ; cela nous donne l’opportunité d’explorer une autre facette de notre partenariat’.
Guillaume :
On s’est très bien sentis dans la glace, c’est un vrai plaisir de retrouver le public pour notre première compétition internationale ensemble, et la magie de ces moments. A ce sentiment de joie il y a bien sûr la déception de mon erreur en fin de programme. Comme toujours on fait attention à la technique, sur la suite de pas on se lâche un peu plus, c’est peut-être ça. Peut-être aussi le fait de passer premiers sur une glace toute neuve… peut-être rien de tout ça. On va revoir la vidéo pour essayer de comprendre, tout est allé très vite, on perd environ 5-6 points avec cette erreur.’

Diana Davis et Gleb Smolkin m’ont séduit sur leur sélection de Offpsring, ‘Pretty fly (for a a white guy)’ et ‘She’s got issues’. Avec une belle vitesse de déplacement sur glace, ils empochent de bonnes notes de la part des juges, globalement à +3, qui montent à +4 sur les deux derniers éléments techniques, le porté et la séquence chorégraphique. Ils totalisent 77.80 points avec la 4ème place.

C’est la grande claque pour Charlène Guignard et Marco Fabbri. Alors que tout s’est bien passé sur leur medley des Backstreet Boys (‘Everybody’ et ‘Show me the meaning of being lonely’), les notes sont très en dessous de leur standard habituel : les juges ne leur octroient que 77.25 points, avec une modeste 5ème place. Patinant en avant-dernière position, je m’attendais logiquement à les voir prendre la tête provisoire de la compétition. Ils n’ont pas fait d’erreurs majeures, et ne m’ont pas paru avoir plus de déséquilibres ou d’approximations que les autres danseurs. C’est surtout sur la suite de pas que les juges sont sévères, avec uniquement un niveau 1, avec des notes d’exécution à 0 et +1 alors que sur les autres éléments celles-ci ne montent que rarement au-dessus de +2/+3. Marco quitte d’ailleurs précipitamment le Kiss’n Cry.

Marie-Jade Lauriault et Romain Le Gac quant à eux égalisent la note technique de base des meilleurs compétiteurs de la journée. Ils restent un peu en deçà via la qualité d’exécution, mais leur medley de Prince, dont ‘Cream’ positionné en milieu de programme, est sympathique, c’est toujours un plaisir de les voir patiner. Et encore une belle trouvaille de leur part avec le porté rotatif où Marie-Jade a la tête en bas, avec une position très esthétique des jambes. Ils sont 6èmes avec 73.75 points.

Natacha Lagouge et Arnaud Caffa sont 8èmes (68.08 points) avec un ‘100% pure love’ de Crystal Waters patiné avec plaisir en envie.

Dernier couple français engagé, Célina Fradji et Jean-Hans Fourneaux sont eux 10èmes avec 56.92 points, et prennent de l’expérience dans leur première année senior.