A l’issu de son programme court, Kevin Aymoz a partagé son ressenti et expliqué sa préparation pour cette saison olympique.
Kevin :
‘Ce programme court je l’ai monté en juillet. Beaucoup d’autres patineurs avaient déjà annoncé leurs musiques. Sans trop de surprise, comme les Jeux sont en Italie il y a beaucoup d’opéras ou de musique de ce style. Je me suis demandé ce que je voulais projeter sur glace, ce qui pourrait me démarquer dans les deniers groupes. De l’émotion ? Du fun ?
J’ai trouvé la musique du piano, toute douce. Les coachs étaient d’accord, on a monté tout le programme sur cette musique. Ok, après deux minutes cinquante c’était très beau, mais je m’emmerdais ! Je me suis demandé ce que le petit Kevin voudrait voir à la télé, je voulais trouver une musique sur laquelle on ne m’attend pas. J’ai trouvé la musique intermédiaire et celle de Lady Gaga pour la fin : pour moi tout était clair, ça matche ! Les coachs n’étaient pas convaincus, mais je les ai rassurés. Du coup tout est de moi dans ce programme : le choix des musiques, le costume, qui n’est pas encore prêt (là c’est quelque chose que j’ai acheté rapidement sur internet) et la chorégraphie.
J’ai beaucoup appris des saisons passées, désormais je peux dire que je suis fier de mon palmarès. Il y a peu de patineurs qui ont 8 médailles en Grand Prix et une à la Finale (si j’ai fait le bon décompte), je n’ai pas à rougir. Les gens veulent souvent le meilleur et ne retiennent que la médaille d’or et rien d’autre, mais derrière chaque athlète il y a un être humain. Si le résultat n’est pas la hauteur, ne vous en faîtes pas il va lui-même s’en vouloir ! J’essaye d’être plus positif, de retenir le meilleur. Je fais attention à moi, j’ai 28 ans et une longue carrière ! Je prends soin de moi, autant physiquement qu’au niveau de la santé mentale. J’ai mon premier cercle, celui de mes entraîneurs, puis le deuxième, avec mon préparateur mental, mes kinés. Il y a aussi la fédération qui cadre tout, et planifie la logistique des compétitions. Il y a évidemment tous mes proches, ma famille, mon copain, qui sont très importants. Et les autres patineurs, qui sont un réel soutien. Je fais parti de la Commission des Athlètes de Haut Niveau du CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français), c’est important pour moi.
Avec mes entraîneurs on a calé toute la saison sur les Jeux. Ensuite on a tout repris à l’envers. C’est très rassurant, j’ai un cadre précis, je sais par exemple quand seront mes jours de repos. Les Masters sont très tôt, j’ai bien travaillé cet été, mais je sais que je ne peux pas être à 100% ici. J’avais prévenu la fédération que je ne tenterai pas de grosses difficultés dans le court, et que le libre serait également allégé.
Ensuite mes deux Grands Prix sont à partir de novembre, alors que les saisons passées je faisais généralement le Skate America tôt dans la saison. Du coup je vais faire Bratislava avant pour garder le rythme, il va falloir gérer le pic de forme des Grand Prix au bon moment. La Finale du Grand Prix ? J’espère y être, c’est toujours important dans une saison olympique, à voir.
Sur ces Masters, je voulais être présent, d’une part car c’est dans le chemin de sélection, et aussi par respect pour le public et ceux qui m’entourent. Je voulais aussi revoir les potes de l’équipe de France, cela fait quasi six mois que je n’ai pas vu certains ! Et finalement ces derniers jours à l’entraînement je me sentais bien sur les sauts, j’ai donc tenté quadruple et triple Axel. Avant de monter sur la glace, j’ai vraiment ressenti le bonheur d’être là. C’est une répétition grandeur nature, si ce n’était pas passé, et bien j’aurais assumé, je sais que je les ai déjà faits.
Le libre sera sûrement une grosse bataille ; j’ai décidé de reprendre mon programme sur le Boléro, que je n’ai fait que deux fois et demi en compétition. Avec un nouveau costume, plus tard, et un contenu allégé donc.
Pour la suite plus lointaine… je prendrai un break à la fin de la saison, la vie en dehors des patinoires ça doit être bien aussi ! Mais il y a les Europes à Lausanne l’année prochaine j’aimerai bien les faire, et les Jeux en France en 2030… on verra !’