C’est le grand retour des danses imposées dans la rhythm dance : les pas prédéfinis avaient peu à peu disparu de la liste des éléments requis, les derniers en date étaient ceux de paso doble, sans obligation de les respecter stricto sensu. Cette année les pas de la Valse d’Or sont o-bli-ga-toires ! Ca tourne, ça virevolte, cette section est reconnaissable car les patineurs sont particulièrement appliqués, les bras sont assez figés dans les positions demandées avec au mieux un bras du ou de la partenaire qui peut se libérer pour onduler un court instant. Le passage aux éléments suivants peut être assez flagrant, les mouvements gagnent en emphase et en amplitude. Reste à découvrir si les patineurs choisissent des musiques de valse pures et dures, ou s’ils arrivent à innover sur le rythme à trois temps.

Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud s’emparent sans difficulté de la première place provisoire de la compétition danse, avec 81.45 points. Comme ils nous l’avaient annoncé en fin de saison passée, leur thème est original, puisqu’ils ont choisi des musiques de cirque, que l’on reconnait dès les premières notes, avec des costumes de clown déjà aboutis, dans les tons marron / dorés qui rappellent Arlequin. Déjà beaucoup de détail dans la chorégraphie, le programme est dense et très travaillé. Logiquement tout n’est pas maximisé, il reste des keypoints à valider sur la valse, et un niveau à aller chercher sur les twizzles.

Evgeniia et Geoffrey :
‘On est contents, ça s’est plutôt bien passé, même s’il y a des erreurs de ci de là ; les costumes sont prêts, on rajoutera peut-être quelque strass mais on ne pense pas les changer. Le public a l’air d’aimer ! Sur ce programme on a voulu trouver un style différent. C’est Marie-France qui a monté cette danse, on a tout de suite aimé l’idée du clown. Pas simplement le clown heureux, mais aussi le clown triste, toutes les nuances qu’un clown peut exprimer. La palette des émotions est infinie, on a travaillé avec plusieurs spécialistes. On voulait montrer le clown qui touche les gens non pas par ses mimiques, mais parce qu’il est. On termine avec du cancan, une touche française ! On avait un temps pensé à du hip hop, mais le cancan s’est imposé.
Cela faisait quatre ans qu’on n’avait pas de danse imposée dans la rhythm dance, là ça permet de retrouver les bases, il faut tout remettre en place, travailler ensemble. Le programme va encore évoluer, notre prochaine compétition est le Lombardia Trophy.’

C’est du côté d’Amélie Poulain et de sa célèbre valse que Loicia Demougeot et Théo Lemercier ont trouvé l’inspiration. Costumes bleu et blanc, à base de marinières, sans paillettes, Loïcia et Théo commencent tels des marionnettes, puis enchaînent sur une version au tempo plus marqué : ils prennent alors de l’ampleur, et la gestuelle devient hip-hop ! C’est très futé, belle réussite ! S’ils avaient connu quelques démêlés ces dernières années avec leur ryhthm dance en début de saison, gageons que celle-ci est partie pour durer ! Ils sont deuxièmes avec 73.35 points.

Après un petit problème de musique, Natacha Lagouge et Arnaud Caffa s’élancent finalement dans leur rhythm dance : ils ont choisi ‘Stop’ de Sam Brown, ce qui nous ramène quelques années en arrière ! Le tempo est bon pour la valse d’or, pas besoin de modifier la musique, ce qui est un plus. Les keypoints ne sont pas validés, mais c’est le début de saison. Ils enchaînent ensuite avec ‘Hot Lunch Jam’ de Irene Cara pour terminer sur une partie disco. Ils semblent déjà prêts à affronter cette nouvelle saison avec 66.60 points et la troisième place.

Louise Bordet et Martin Chardain sont eux partis sur ‘Carmen’, pas tout à fait le choix auquel on pense pour une valse. Ils ont ralenti la musique intermédiaire pour se conformer au tempo requis pour la valse d’or, qui ne valide aucun keypoints. Encore un peu éloignés l’un de l’autre sur les twizzles, ils sont 4èmes avec 58.35 points.

De l’accordéon pour Célina Fradji et Jean-Hans Fourneaux ! Ils optent pour une valse tango pour la partie imposée, puis un tempo plus rapide avec ‘Grand guignol’ de Bajofondo. Rapides, précis et expressifs, ils progressent dans les rangs seniors mais semblent quelque peu déçus en sortant de glace, même si Jean-Hans est le seul parmi les patineurs masculins à atteindre le niveau 4 sur ses twizzles. Ils sont 5èmes avec 57.40 points.

Alisa Ovsiankina et Maximilien Rahier sont assez grands, leurs mouvements sont de facto plus amples. Ils font le choix du tout valse, avec la version de Katchaturian, et des costumes pile dans le thème de la danse de salon : veste militaire à galons pour Maximilien, grande robe rouge pour Alisa. Dommage, Maximilien chute à la fin de la séquence imposée, qui du coup n’est pas terminée : cela leur coûte très cher, ils perdent environ deux points et demi, plus la déduction pour la chute. Sans cela ils auraient pu faire jeu égal avec leurs concurrents, mais doivent se contenter de la 6ème place avec 52.76 points. Ils apportent néanmoins une petite originalité, puisque le schéma du pattern de la valse est modifié, ils font les déboulés en dépassant la ligne centrale.
Emese Csiszer et Mark Shapiro, patineurs hongrois invités sur la compétition, sont les premiers à s’élancer. Ils délivrent un programme honnête, les twizzles sont proches, la partie imposée correctement exécutée. Ils sont 7èmes avec 50.73 points.