Masters 2026, J1 : Adam Siao Him Fa : ‘J’explore !’

Nous retrouvons Adam juste après son programme court aux Masters 2026 à Louviers.

‘Ce programme court, c’était fun, j’ai pris plaisir à patiner, le rythme de la musique de ‘Take five’ est assez lente, c’est assez relax. J’essaye de donner l’impression que je suis ivre, il y a beaucoup de mouvements qui semblent être en déséquilibre. J’ai envie d’avoir un programme agréable à regarder pour le public, et sympa à patiner pour moi. Il y a toujours du stress en compétition, mais ce n’était pas un stress de peur, c’était un stress agréable. J’avais hâte de retrouver l’ambiance de la compétition.

La musique, c’est Cédric [Tour, son entraîneur] qui l’a choisie, et c’est Benoit [Richaud, son chorégraphe] qui en a fait la chorégraphie. Le process est très ouvert et interactif entre nous, mais au départ je n’étais pas du tout partant : j’ai patiné sur cette musique il y a 10 ans, deux années de suite, je n’étais pas pour la réutiliser car ça allait me barber ! On a essayé d’autres musiques, qui semblaient pas mal, mais il n’y avait pas ce petit ‘clic’ où on sent qu’on a trouvé ce qu’il fallait. Finalement, comme on était en panne d’inspiration, Benoit m’a proposé de nouveau d’essayer ‘Take five’, et ça a marché !

Je ne suis pas du tout prêt physiquement, mon programme est censé avoir deux quadruples. Le Salchow est bien après la suite de pas, mais ce matin ça ne fonctionnait pas, il faut que je m’habitue à la glace, on a donc choisi de mettre le triple flip à la place.

A la fin de la saison dernière, en avril, je me suis fait un déchirement osseux à la cheville gauche. Je faisais des acrobaties hors glace, et j’ai entendu un ‘crac’. Je ne pouvais plus marcher, je suis allé directement à l’hôpital. Je ne suis remonté sur la glace que mi-juin, avec de la glisse, pour reprendre les doubles sauts début juillet. Je n’ai refait des quadruples qu’il y a trois semaines, ainsi que les programmes en entier. J’ai appris de ma précédente blessure à la cheville droite : à l’époque j’aurai eu tendance à reprendre trop vite, dès que les sensations revenaient. Là, j’ai vraiment écouté les recommandations des médecins, des kinés, je suis très bien entouré ! C’est ma santé avant tout.

Ces Masters sont donc surtout l’occasion de montrer les programmes aux juges, et d’avoir des retours afin de faire des modifications si nécessaires. Je pars ensuite sur les Challengers de Bratislava et de Batumi. C’est vrai, la saison dernière n’a pas été à la hauteur de mes espérances. J’ai pris beaucoup de recul par rapport à tout ça. Là je repars sur un nouveau cycle olympique, qui sera sûrement le dernier. Il ne faut jamais dire jamais, je verrais comment je me sentirai physiquement dans quatre ans, si j’ai toujours envie de patiner.

Mais je sens déjà la différence au niveau physique ! J’ai moins d’énergie qu’avant, il faut gérer différemment. Le process en lui-même est intéressant, il faut adapter les méthodes d’entraînement. Cette approche n’est pas vraiment développée dans le patin en France. J’ai changé aussi mon approche : l’idée n’est pas forcément de mettre énormément de difficultés techniques dans les programmes dès le début de saison et d’adapter selon les résultats de chaque compétition. Mon contenu technique va être d’abord moins élevé, je verrais pour le densifier ensuite. Je ne mets plus de pression, j’y vais à fond, comme toujours, j’ai beaucoup de plaisir à patiner, mais que ce soit une saison olympique ou non, je prends le temps ; ensuite les résultats suivront ou non.

Cet été j’ai aussi entraîné et monté des chorégraphies. Ca m’a vraiment plus, même si aujourd’hui je ne me vois pas forcément 100% dans ce rôle-là plus tard. C’est aussi l’objectif de ce nouveau cycle : explorer de nouvelles choses, et préparer mon après-carrière. Je suis notamment en train de travailler sur une application d’entraînement spécifique au patinage artistique.

Les nouvelles règles mises en place par l’ISU, c’est une bonne chose. Ca permet de plus travailler l’aspect chorégraphique du programme long. Avant, ça pouvait être assez compliqué d’avoir le même niveau entre le court et le libre, c’est un peu plus simple désormais. Et le saut en moins, c’est généralement le saut le plus simple qui disparait, donc non, ces nouvelles règles ne tuent pas le sport, comme certains le pensent.